VDM : Je suis cigale dans le sud de la France

Dans le sud de la France, retrouvez les bières La Gorge Fraiche produites en Occitanie

A Palavas-les-Flots, le 21 Juillet 2017

– Propos recueillis par Guillaume Nguyen

Cigale : un métier peu connu qui souffre beaucoup des clichés sudistes. Produite dans le Sud de la France, la bière artisanale Gorge Fraiche a dépêché un envoyé spécial parti à la rencontre de ces saisonniers courageux. Interview de Criss, 7 ans, cigale sur un pin parasol dans un camping de plage.

Bonjour Criss ! On vend des bières artisanales produites dans le Sud de la France et on aime bien ton métier, typique de cette région. Peux-tu te présenter ?

Criss, 7 ans, célibataire et sans enfant. Je suis cigale sur un pin parasol dans un camping de bord de plage dans l’Hérault. C’est un métier de scène qui consiste à donner une ambiance “sud”.  J’ai toujours aimé le chant et j’ai su très tôt que j’en ferai mon métier. Mais c’est une profession rude, non-rémunérée, où l’on doit travailler sous une chaleur accablante plus de dix heures par jour.

Quel est ton parcours avant d’en être arrivé là ?

J’ai toujours vécu dans le Midi, dans ce camping. J’ai passé une grande partie dans la terre, là-bas à côté du terrain de boules. J’étais larve avant dans le milieu underground, j’ai fait ça quasiment sept années. J’avais un trou sympa et question bouffe c’était pas mal.

Qu’est-ce qui t’as poussé sortir ?

Je mangeais tellement que j’ai fini par avoir un gros problème : je me sentais mal dans ma peau. J’étais devenu tellement gros que je ne rentrais plus dans mes habits. C’est là où j’ai eu des envies nouvelles, faire peau neuve en quelque sorte : trouver une cigalette, vivre de ma passion du chant, connaître le jour et voir la mer Méditerranée… Et la lumière fût! Dès que je suis sorti j’ai enfilé mon costume de scène, depuis je ne le quitte plus !

Je me suis installé à mon compte sur un pin parasol, entre une tente Quechua et un mobil-home loué par des hollandais.

Cigale dans le Sud de la France… es-tu satisfait de ta condition?

J’ai vite déchanté (rires) ! Cigale c’est une vie de galérien. J’ai de suite compris qu’il y avait une concurrence sans précédent en Occitanie. C’est une lourde pression et c’est dur de convaincre, car on chante tous la même chanson. Comme on en a qu’une dans notre répertoire, ça sera à qui chante le plus fort : ça n’est pas rare qu’on se prenne le bec et le soir j’ai la tête comme un chou-fleur. Je travaille quatorze heures par jour, sous une chaleur accablante.

Au camping ça gagne encore un peu. Mais dans les villages, les collègues sont concurrencés par des cigales en céramiques venues de Chine. Les sudistes les accrochent sur le mur devant la maison, elles chantent en chinois, je comprends rien.

As-tu des regrets ?

Oui et non. C’est vrai qu’au final j’étais pas trop mal sous la terre, y’avait des bons côtés aussi. Là j’en ai plus que pour un mois, il parait que c’est tellement crevant comme taf qu’on meurt à la fin de l’été. Mon grand regret c’est l’absence de reconnaissance dans ce métier. Nos employeurs racontent des histoires de cigales et de fourmis, nous font passer pour des fainéants qui se prélassent au soleil, c’est insupportable !

Après y’a des bons côtés aussi. C’est quand même plus fun dehors, je vis de ma passion et puis y’a des nanas. J’ai fait un concert de trois heures hier, à la fin j’ai rencontré Crisse, la petite du cyprès d’en face. On a bu un verre ensemble, dans une flaque de Gorge Fraîche que les hollandais du dessous avaient renversé par terre.

Quels sont tes projets ?

Je te l’ai dit, je n’ai plus que le mois d’août à vivre. J’aimerais concilier ma passion du chant et fonder une famille. Je suis bien ici, dans le Languedoc. On s’entend bien avec Crisse et l’on pense très sérieusement à faire des enfants. On va certainement déménager sur un tronc plus grand, mais au centre-ville, trop de monde ici. On va visiter un tronc de platane sur la place du village, au-dessus de la terrasse du bistrot, ils cherchent une cigale.

Sinon j’ai peut-être un extra pour la féria de Béziers 2017, au dessus de la bodéga de La Gorge Fraîche. Parait que ça décoiffe.

 

La Gorge Fraiche, bière artisanale produite dans le sud de la France

 

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Publié dans Actus, restaurateurs, divers, humour, insolite

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